Olivier de la Chevasnerie, président de l’ANLE

Dirigeant du groupe Sygmatel, Olivier de La Chevasnerie a succédé à Cyril Maury à la tête de l’Association Nationale Les Entrepreneuriales (ANLE) en septembre 2016. Ancien président de Réseau Entreprendre Atlantique et membre du bureau de la Fédération Réseau Entreprendre, il revient sur le récent renouvellement du soutien de la Fondation à l’association.

Vous êtes chef d’entreprise, actif dans l’accompagnement des entrepreneurs, qu’est ce qui a motivé votre engagement envers les étudiants, avec l’ANLE ?

Quand je suis sorti de mon école d’ingénieur en 1990, tous les étudiants voulaient travailler dans l’informatique, et aucun ne songeait à créer sa propre entreprise. Les étudiants à l’époque n’avaient pas d’informations sur la possibilité et les façons d’entreprendre. Moi-même, il m’a fallu plus de 10 années de salariat avant de se lancer dans l’entrepreneuriat. J’aurais pu commencer plus tôt! Surtout si j’avais eu la possibilité de tester mon projet.

Je trouve formidable que les étudiants d’aujourd’hui aient l’information. On explique très bien aux jeunes que, dans leur futur, ils ont le choix et la possibilité de créer une entreprise. Reste à leur donner envie, et à les aider à entreprendre! C’est à mes yeux la grande différence du programme Les entrepreneuriales. Il va bien au-delà, en permettant de vérifier cette possibilité, « dans le dur ». La simulation d’une création d’entreprise, sur 6 mois, en équipe pluridisciplinaire, avec un accompagnant pédagogique et un coach business, est unique. Autre différence, nous les formons « hors les murs »: en les sortant de leurs écoles pour les faire travailler avec d’autres gens, qui ne sont pas « comme eux », on leur délivre un message très fort de diversité.

Quelle est l’approche du dispositif Les Entrepreneuriales en matière d’entrepreneuriat étudiant ? Avec quelles ambitions ?

Aujourd’hui, le programme est présent sur 30 campus, avec 1600 étudiants. Depuis 2009, environ 100 entreprises ont été créées par des étudiants qui ont participé aux Entrepreneuriales. Cet objectif de former de futurs créateurs est le plus visible et le plus mesurable, mais en vérité le plus important consiste à créer des intrapreneurs. Nous contribuons à apporter l’esprit d’entreprise à de futurs salariés. Dans les grands groupes, on fonctionne maintenant en « business unit », et ce fonctionnement est très entrepreneurial. Il est donc important d’avoir l’esprit entrepreneurial même en temps qu’employé. Idem dans les petites structures, qui réclament de l’engagement et de l’autonomie.

Nos objectifs et projets de développement vont dans ce sens: doubler le nombre de régions d’implantation d’ici 3 ans, valoriser la participation au programme dans le cursus (sous la forme de crédits ECTS validé par les écoles et universités par exemple), informer les partenaires de la recherche d’emploi comme l’APEC. Nous sommes également en recherche permanente d’innovation pédagogique, et de rapprochement du programme Pépites et de son statut d’étudiant-entrepreneur.

En quoi est-ce important que la Fondation Entreprendre soutienne l’association nationale ?

J’ai pu observer qu’il n’y a pas de figure type de l’entrepreneur, que des parcours. La Fondation Entreprendre, qui travaille sur l’ensemble de la trajectoire entrepreneuriale, de l’information jusqu’à l’accélération, a compris cela. Elle défend la logique de l’entrepreneuriat, de 100.000 entrepreneurs, au programme Les entrepreneuriales, à Réseau Entreprendre, en étant à chaque étape!

La Fondation Entreprendre est un partenaire précieux qui nous aide à plusieurs niveaux. Son soutien financier, depuis la création de l’association, a permis le démarrage et l’essor du programme. Mais l’apport principal de la Fondation va plus loin. Dès le début, la Fondation nous a incité à diversifier nos sources de financements. Puis elle a mené un important travail d’aide à la structuration. Si la convention d’accompagnement est triennale, son avancement est évalué tous les ans! Notre projet s’est révélé ambitieux à la demande de la Fondation. Par le sérieux qu’elle met à l’examiner, elle nous incite à le défendre et à renforcer l’idée que nous sommes sur la bonne voie. La subvention de la Fondation devient une forme de label. Avoir le soutien de la première fondation d’entrepreneurs de France est une reconnaissance de la valeur de notre programme.

 

Olivier de La Chevasnerie a 52 ans, il est marié et père de 4 enfants. Ingénieur de formation, il a suivi une carrière dans différents groupes du BTP en participant entre autres au déploiement des infrastructures des réseaux de télécommunications et à la construction du terminal 2F de Roissy. C’est en 2004 qu’il a créé Sygmatel, entreprise spécialisée dans les métiers de l’électricité, basée en Région Pays de Loire et qui compte aujourd’hui 240 personnes pour un chiffre d’affaires de 25 M€. Plusieurs engagements bénévoles ont jalonné sa carrière, au CJD, au Réseau Entreprendre, chez DRO (Dirigeants Responsables de l’Ouest) et maintenant à l’ANLE. Il est par ailleurs membre du conseil d’administration de l’école Polytech de Nantes.