Le 20 septembre 2024
La Fondation RTE est engagée aux côtés de la Fondation Entreprendre depuis 2021, au sein du programme collectif d’innovation sociale Entreprendre la ruralité.
Vous êtes, aux côtés de la Fondation Entreprendre, de Terre & Fils et d’AG2R La Mondiale, à la genèse du programme Entreprendre la ruralité. La Fondation RTE encourage la coopération entre acteurs ruraux pour le développement du territoire, pourquoi avoir choisi de soutenir la cause entrepreneuriale ?
Trois points essentiels ont motivé notre engagement auprès de la Fondation Entreprendre.
Tout d’abord, la raison d’être de la Fondation RTE : depuis 2008, nous soutenons les acteurs de l’économie sociale et solidaire dans les territoires ruraux. Le programme Entreprendre la ruralité, initié par la Fondation Entreprendre, entrait naturellement dans le cadre de notre mission.
Par ailleurs, au lendemain de la crise COVID en 2021, nous avons partagé avec les acteurs mobilisés autour du programme, d’une part qu’il y avait urgence à répondre à des besoins sociaux des habitants de nos territoires, comme le bien vieillir, la mobilité, l’accès à la culture, à la formation, la préservation des savoir-faire… … ; d’autre part que, pour ce faire, il était nécessaire d’accompagner l’émergence de projets dans ces territoires.
Enfin, la Fondation RTE est attachée à l’action collective et à la singularité de la méthode tout comme l’approche partenariale innovante du programme Entreprendre la ruralité. Elles sont apparues comme l’un des meilleurs leviers pour favoriser l’émergence de solutions au service des territoires et leurs habitants. Il nous a semblé enrichissant de faire partie intégrante d’un processus d’ingénierie pertinent, qui associe largement l’expertise de différents acteurs philanthropiques, d’associations d’intérêt général, d’acteurs de l’innovation sociale et de l’évaluation d’impact. Bref, ce programme nous a séduit tant pour sa capacité à répondre à des besoins spécifiques des territoires ruraux que par sa méthode. Et c’est d’ailleurs un des tous premiers programmes d’action collective que nous avons rejoint !
Que retirez-vous de ces 3 années d’engagement auprès des associations du programme ? (Ronalpia, ATIS, Airelle et la Chartreuse de Nouvelle)
Une grande satisfaction ! Même si nous connaissions déjà les quatre associations lauréates, ce programme leur a aussi permis de monter en puissance et changer d’échelle. Il vient conforter notre intuition sur l’importance de l’ancrage local, la nécessité de s’adapter aux besoins du territoire et des porteurs de projet. Ce programme a également permis de démontrer la force de la dynamique collective pour trouver des solutions pérennes.
Entreprendre la ruralité est aussi un programme inspirant qui nous permis de développer des synergies avec d’autres acteurs philanthropiques, notamment avec certains des financeurs du programme : ainsi, avec Terre & Fils, nous avons lancé une action conjointe autour de la question des patrimoines ruraux. Et nous avons aujourd’hui passé une étape en devenant chef de file de notre propre programme partenarial autour de la question des jeunes et des femmes en ruralité.
Quel(s) message(s) souhaitez-vous passer pour encourager les initiatives entrepreneuriales qui visent à soutenir la redynamisation territoriale ?
Je suis convaincue qu’il y a une nécessité à rester très ancré dans les territoires, en s’appuyant sur les acteurs locaux et leurs expertises, qu’elles soient citoyennes, associatives, privées ou publiques.
Il y a urgence à mieux prendre en compte les défis de la ruralité au niveau national. En particulier, le levier entrepreneurial est une réponse pertinente aux enjeux spécifiques des territoires ruraux, et c’est un peu un « angle mort » aujourd’hui des politiques en faveur de la ruralité : l’entrepreneuriat est porteur d’innovations locales, qu’elles soient économiques, sociales ou environnementales, elles méritent d’être cultivées, de se développer pour gagner en pérennité. Elles sont aussi une formidable source d’inspiration pour les pouvoirs publics.