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Entreprendre sa Liberté : bilan année 2

Entreprendre sa Liberté : bilan année 2

Le 7 octobre 2026

En deux ans, le programme Entreprendre sa Liberté a touché 412 personnes placées sous main de justice. 186 ateliers ont été animés en milieu carcéral et en milieu ouvert, dans 7 départements. 86 entreprises et entrepreneurs se sont mobilisés auprès des bénéficiaires. Nous avons pu constater que l’accompagnement entrepreneurial redonne confiance, apporte de nouvelles compétences et une capacité à se projeter.

Porté par un collectif de financeurs, d’associations, d’experts de l’innovation sociale et de la mesure d’impact, ce programme accompagne les personnes sous main de justice à retrouver un horizon social et professionnel.

Chaque année, environ 280 000 personnes sont incarcérées ou suivies par la justice. Les freins à la réinsertion sont nombreux : logement instable, image dégradée, isolement… Pourtant, une part d’entre elles a l’envie d’entreprendre, et très peu bénéficient d’un accompagnement adapté.

Lancé en octobre 2024 par la Fondation Entreprendre, la Fondation du groupe M6, Cegid Solidaire et Le Chant des Étoiles, en partenariat avec l’ATIGIP (ministère de la Justice), Entreprendre sa Liberté est une réponse collective sur trois ans. Elle soutient quatre projets pilotes, chacun porté par une coalition d’associations expertes sur le volet justice et de l’entrepreneuriat.

  • Perspective Entreprendre : porté par la Croix-Rouge française et Accélérateur 21, le projet s’adresse aux adultes en travail d’intérêt général (TIG). Il propose des ateliers de 3 jours et des incubations de 4 à 10 mois en Seine-et-Marne, en Seine-Maritime et Seine-Saint-Denis.
  • Un pas vers ta voie : déployé par Activ’Action et Toi-Même tu Parles, ce parcours touche les adultes en fin de peine ou en aménagement de peine. Il dispense des ateliers et des suivis individuels en milieu ouvert et fermé, dans le Bas-Rhin.
  • Agir & Liberté : développée avec Les Foyers Matter, Réseau Entreprendre Rhône, Ascension vers l’insertion et Positiv, cette initiative s’adresse aux adultes en aménagement de peine. Elle les accompagne par des ateliers en détention, du mentorat par des chefs d’entreprise en Isère, dans la Drôme, le Rhône et l’Ain.
  • Booster : conçu par Apprentis d’Auteuil et ExplorJob, le projet touche spécifiquement les jeunes de 16 à 30 ans, mineurs ou majeurs. Il propose des ateliers des stages et des accompagnements individuels en Isère.

Entre octobre 2024 et septembre 2026, Entreprendre sa liberté a touché 412 personnes placées sous main de justice, dont trois sur quatre en détention. 186 ateliers ont été animés en milieu fermé et en milieu ouvert. 65 personnes ont bénéficié d’un parcours individuel d’accompagnement à l’entrepreneuriat. 86 entreprises et entrepreneurs se sont engagés aux côtés des associations.

  • Agir & Liberté a accompagné 97 personnes, dont 78 en détention, avec 12 ateliers et 15 chefs d’entreprise engagés. Le programme est passé du test à un parcours structuré, adapté à trois profils : projet mûr, idée à clarifier, fragilités à stabiliser.
  • Un pas vers ta voie a animé 50 ateliers pour 57 personnes, en lien avec 17 entreprises et personnalités inspirantes. Une rencontre organisée pendant le parcours a débouché sur une embauche.
  • Perspective Entreprendre a réuni 38 participants en 6 sessions d’ateliers et sensibilisé une quarantaine de conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP). Six personnes ont rejoint le parcours d’incubation lancé en février 2026.
  • Booster a rencontré 78 jeunes en ateliers collectifs et suit 30 jeunes en file active, avec 24 professionnels bénévoles. Le taux de maintien dans le dispositif atteint 76 %, et 80 % des jeunes n’ont pas récidivé pendant l’accompagnement.

Le principal enseignement de ces deux années : l’entrepreneuriat est d’abord un levier de remobilisation, avant d’être une finalité. Les associations valorisent autant la reprise de confiance, les nouvelles compétences et le changement de posture que la création effective d’une entreprise.

La démarche entrepreneuriale permet de développer de nombreuses compétences, notamment psychosociales. Apprendre à construire un projet, c’est déjà se projeter, reprendre prise sur sa trajectoire. C’est aussi se familiariser avec les codes du monde du travail et changer de regard sur soi-même. Ces compétences restent utiles même sans création. Elles accompagnent des sorties positives vers l’emploi, la formation, ou l’apprentissage.

Les freins périphériques ont un poids non négligeable dans la remobilisation professionnelle :  logement, démarches administratives, santé, urgences financières…Un accompagnement efficace accepte le temps long et privilégie le présentiel. Il s’adapte au rythme de chacun·e et des freins rencontrés.

La qualité du lien avec les services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) est essentielle. Impliquer les acteurs de la justice le plus tôt possible, comprendre leurs contraintes, s’adapter à leur rythme : c’est la clé d’orientations réussies.

L’entraide entre associations, les mises en réseau croisées et l’engagement des mécènes jouent un rôle d’accélérateur et de filet de sécurité. Le collectif sert aussi de lien entre deux mondes qui se connaissaient peu : la justice et l’entrepreneuriat.

La troisième année sera dédiée à l’ancrage du programme. Il permettra de consolider les parcours et d’accompagner davantage de bénéficiaires.  Il s’ouvrira à de nouveaux territoires (Saint-Étienne, Lyon, Île-de-France) et s’attèlera à proposer des parcours reproductibles.

Une évaluation d’impact menée avec l’ESSEC mesurera les effets du programme auprès de chaque partie prenante : personnes accompagnées, conseillers pénitentiaires, associations. Les enquêtes auront lieu au printemps 2027. Les enseignements sur trois ans seront finalisés fin 2027 pour identifier les bonnes pratiques et proposer des recommandations. L’enjeu est de faire reconnaître l’entrepreneuriat comme une solution crédible et légitime de remobilisation et de réinsertion en France.

Un grand merci à Cegid Solidaire d’avoir accueilli la restitution du bilan annuel du programme Entreprendre sa Liberté.

A propos d’Entreprendre sa Liberté

Entreprendre sa Liberté est un programme porté par une alliance de mécènes – Cegid Solidaire, le Chants des Etoiles, la Fondation Entreprendre et la Fondation du groupe M6 – en partenariat avec Le Ministère de la Justice-Atigip – d’associations – Toi-Même tu Parles et Activ’Action ; Croix-Rouge française et Accélérateur 21 ; Apprentis d’Auteuil et Explor Job ; les Foyers Matter, Réseau Entreprendre Rhône, Ascension vers l’Insertion et Positiv, des experts de l’innovation sociale et de la mesure d’impact, Act’ice et l’Essec Impact Limited. Ensemble, ils coconstruisent des solutions innovantes pour remobiliser les personnes sous main de justice et les accompagner vers un horizon professionnel par la voie de l’entrepreneuriat. Ce programme est conçu dans une logique d’innovation et d’impact collectif.