Le 6 juillet 2026
Depuis 20 ans, le réseau Les Premières accompagne les femmes qui créent, développent ou reprennent une entreprise en France. Marjolaine Feraille, déléguée générale, revient sur la mission du réseau, le soutien du programme L’Atelier, et les défis qui persistent pour l’entrepreneuriat des femmes après deux décennies d’engagement des Premières.
Les Premières se situent à la croisée de l’impact et de l’ambition. Nous accompagnons des femmes entrepreneuses souhaitant créer ou développer des projets avec un impact, en leur donnant les moyens de déployer pleinement leur ambition. Notre conviction est simple : plus une entrepreneure développe un projet ambitieux, plus elle peut créer de la valeur, des emplois et un impact durable sur son territoire.
L’association soutient principalement des créatrices de TPE et PME afin de favoriser la création d’emplois et de valeur dans les territoires. Cet accompagnement prend la forme de programmes de formation, de coaching et d’un suivi à la création, au développement et à la reprise d’entreprise, en individuel comme en collectif.
Présent depuis plus de 20 ans, le réseau compte aujourd’hui 49 implantations régionales et accompagne chaque année près de 1 300 femmes et équipes mixtes. Son modèle repose sur une fédération d’incubateurs indépendants, reliés par une vision et un ADN communs.
À travers ses programmes d’accompagnement, de formation et de coaching, Les Premières soutiennent les femmes dans le développement de leur entreprise et de leur ambition entrepreneuriale. L’objectif est de les aider à affirmer leur posture de dirigeante, à voir plus grand pour leur projet et à assumer pleinement leur valeur. Les projets portés par des femmes enrichissent l’économie en intégrant d’autres réalités et usages, contribuant ainsi à un développement plus inclusif.
Nous avons rejoint L’Atelier dans une phase clé de notre développement, avec une volonté forte de changer d’échelle. Cela impliquait de repenser notre gouvernance et notre organisation interne.
Nous savons, par notre expérience auprès des entrepreneuses, combien le regard extérieur est essentiel pour progresser. Et ce constat s’applique aussi à nous : sans cet apport externe, il est très difficile de prendre suffisamment de recul. Nous sommes donc allées chercher, avec la Fondation Entreprendre, ce que nous proposons nous-mêmes aux femmes que nous accompagnons.
La première année a été consacrée à un diagnostic à 360° sur la fédération et l’ensemble des incubateurs. Présenté à tout le réseau, ce travail collectif a impressionné par sa justesse. Nous construisons aujourd’hui notre feuille de route.
Sans la Fondation Entreprendre, nous ne serions jamais allées à ce niveau de globalité et de force dans l’analyse, notamment sur le modèle économique qui nous rendrait plus robustes. Nous sommes entrées dans ce programme avec une logique de montée en échelle ; nous allons sans doute surtout travailler sur la robustesse de notre modèle.
L’enjeu est aujourd’hui mieux adressé, avec de nombreux acteurs et des fonds dédiés. Le revers de la médaille : beaucoup de ces acteurs traitent le sujet de manière superficielle. Notre association a un rôle de formation des autres acteurs, et doit assumer davantage de leadership pour faire avancer les femmes entrepreneures.
Un exemple parlant : quand une entrepreneuse cherche un accompagnement, elle vient souvent pour apprendre à pitcher ou trouver des financements. C’est la partie émergée de l’iceberg. Le vrai sujet est que les femmes ont plus de mal à assumer leur valeur économique : il faut un accompagnement qui les sensibilise à l’importance du pricing.
Les chiffres le confirment : 40 % des créateurs d’entreprise sont des femmes, mais seulement 12 % des dirigeantes de TPE, et 67 % des femmes entrepreneures se rémunèrent en dessous du SMIC. Le vrai enjeu reste celui de l’ambition des projets : c’est tout le sens de notre accompagnement.