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Investissement à impact et philanthropie

Investissement à impact et philanthropie

Le 9 juillet 2026

Le 7 juillet 2026, la Fondation Entreprendre a réuni, à la Filature, une trentaine de personnes issues du monde de la finance et la philanthropie. Elles se sont retrouvées pour répondre à la questions : « comment articuler philanthropie et investissement à impact pour répondre aux défis sociaux et environnementaux ?« 

Élisabeth Da Souza, directrice générale adjointe de la Fondation Entreprendre, a donné la parole à deux personnalités engagées : Marie Ekeland, fondatrice et CEO du fonds d’investissement écosystémique 2050 et Augustin Debiesse, Charman of the Board de Colam Entreprendre, holding familiale actionnaire de Sonepar.  

Marie Ekeland , formée aux mathématiques et à l’informatique, débute chez JP Morgan avant de rejoindre le monde de l’investissement technologique. Elle contribue notamment au développement de Criteo, cofonde France Digitale, puis crée le fonds de capital-risque Daphni. En 2020, elle lance 2050, un fonds régénératif dont l’ambition est de financer les entreprises capables de construire un avenir plus fertile pour les humains et le vivant.

Issu de la quatrième génération de la famille Coisne-Lambert, Augustin Debiesse porte une vision de l’engagement familial fondée sur la responsabilité actionnariale et la transmission. Colam Entreprendre rassemble plusieurs centaines de membres de la famille descendante des fondateurs de Sonepar, leader mondial de la distribution de matériel électrique. Au fil des générations, la famille a appris à transmettre bien plus qu’un patrimoine : des valeurs, une culture entrepreneuriale et une vision du temps long.

Marie Ekeland a illustré cette complémentarité à travers plusieurs exemples liés à la préservation des océans et de la biodiversité. Certaines innovations, comme les biostimulants marins ou les projets de restauration des récifs coralliens, ont d’abord été soutenues par des financements philanthropiques. Ce premier soutien a permis de tester les solutions, d’en démontrer l’utilité et de les faire mûrir. Ce n’est qu’après plusieurs années qu’elles ont pu attirer des investisseurs.

Le même constat apparaît dans l’exemple présenté par Augustin Debiesse avec 1001 fontaines, une ONG qui développe des solutions d’accès à l’eau potable. Si le modèle entrepreneurial fonctionne dans certains contextes, il atteint parfois ses limites dans des territoires où les populations les plus vulnérables ne peuvent supporter le coût du service. Dans ces situations, la philanthropie devient un levier indispensable pour répondre à leurs besoins fondamentaux.

La philanthropie n’est pas une solution de repli, mais un mode d’action à part entière.

Au cours de la matinée, Marie Ekeland a proposé une lecture différenciante de la notion d’impact.

Le véritable enjeu réside dans l’alignement : alignement entre ses convictions, ses décisions et les conséquences de ses actions sur les personnes, les entreprises, la planète et les générations futures. Cette recherche d’alignement se traduit chez 2050 par une gouvernance innovante. Le fonds s’appuie sur un fonds de pérennité et sur une représentation de différentes parties prenantes afin d’intégrer les intérêts du vivant dans les décisions d’investissement.

Augustin Debiesse a fait écho à cette réflexion à travers l’expérience familiale de Colam Entreprendre. Pour lui, la pérennité repose avant tout sur la capacité d’une famille actionnaire à transmettre une vision commune tout en restant ouverte aux expertises extérieures. Cette combinaison permet de préserver à la fois l’agilité entrepreneuriale et l’engagement de long terme.

La discussion avec les participants a ensuite porté sur la question de l’additionnalité : qu’apporte réellement un investisseur ou un philanthrope au-delà du financement ?

Pour Marie Ekeland, la réponse passe par une allocation plus efficace des ressources. Face à l’urgence climatique, à l’érosion de la biodiversité et aux défis de cohésion sociale, chaque acteur doit concentrer ses efforts sur les points les plus critiques.

Elle a également rappelé que les risques liés aux dérèglements environnementaux influencent déjà la valeur des actifs et les attentes de rendement des investisseurs. Cette prise de conscience conduit de plus en plus de familles, d’entreprises, de mutuelles et d’assureurs à intégrer les enjeux planétaires dans leurs stratégies d’investissement de long terme.

La philanthropie permet d’explorer, d’innover et d’intervenir là où les modèles économiques ont moins de potentiel. L’investissement à impact apporte quant à lui les capitaux nécessaires au changement d’échelle.

C’est dans cette complémentarité que se trouvent aujourd’hui les solutions les plus prometteuses pour accélérer les transformations sociales et environnementales.

Un grand merci à Marie Ekeland, Augustin Debiesse, et à l’ensemble des participants pour la richesse des échanges et la qualité des réflexions partagées tout au long de cette matinée.