Le 25 août 2025
Depuis cinq ans, l’Accélérateur de la Fondation Entreprendre accompagne des associations engagées dans le champ de l’entrepreneuriat à des moments clés de leur développement. À la tête de ce programme exigeant et sur-mesure, Virginie Commelin veille à créer les conditions d’un changement d’échelle durable pour ces structures. Entre diagnostic stratégique, soutien opérationnel et écoute attentive, elle revient sur les coulisses de cet accompagnement unique.
Quel est ta principale mission au sein de la Fondation Entreprendre ?
Je suis responsable de programme, et ma mission principale consiste à piloter l’Accélérateur, un programme de soutien structurel destiné à accompagner des associations engagées dans le champ de l’entrepreneuriat. Contrairement à un financement ponctuel de projets, nous intervenons pour aider ces structures à se consolider dans la durée : professionnalisation des équipes, amélioration de la gouvernance, structuration du développement, etc. Nous les soutenons à des moments charnières de leur cycle de vie, qu’il s’agisse d’un changement d’échelle ou d’une phase de consolidation. Ce soutien structurel, notamment financier, s’inscrit sur une durée de trois ans.
Au-delà de cet accompagnement, j’ai aussi la charge de la définition stratégique du programme, lancé il y a cinq ans, soit un an avant mon arrivée. L’Accélérateur évolue chaque année pour rester au plus près des besoins des associations et des difficultés qu’elles rencontrent : atteindre de nouveaux bénéficiaires, s’implanter sur de nouveaux territoires, renforcer leurs compétences, etc.
Comment identifies-tu les associations que vous choisissez de soutenir dans le programme L’Accélérateur ?
Les associations que nous accompagnons sont identifiées de plusieurs façons : certaines nous sollicitent directement, d’autres sont recommandées par d’anciens lauréats, et nous en rencontrons également lors d’événements du secteur. Chaque année, une trentaine de structures manifestent leur intérêt. Un premier échange nous permet de mieux comprendre leur action et de vérifier leur ancrage dans le champ de l’entrepreneuriat.
Les associations intéressées remplissent ensuite un dossier de candidature entre janvier et avril, détaillant leurs actions, leur public, leur territoire, leur vision à moyen terme et les raisons pour lesquelles l’Accélérateur pourrait les aider. Ce dossier est analysé par un comité de présélection, composé de l’ensemble de l’équipe de la Fondation. Ce travail collectif enrichit notre connaissance du terrain, au-delà même du choix des lauréats.
Six finalistes sont ensuite retenus pour présenter leur projet devant un comité de sélection composé de membres de la direction, de la gouvernance, de partenaires et d’un mécène extérieur. Pour les y préparer, je les accompagne avec le directeur des programmes afin de les aider à structurer leur pitch et à faire ressortir l’essentiel.
Une fois les associations lauréates sélectionnées, quelle est la première étape pour initier l’accompagnement ?
Chaque accompagnement débute par un temps d’intégration permettant aux associations de faire connaissance, de rencontrer leur promotion, voire des Alumni. Ensuite, un diagnostic individuel est mené par un cabinet externe. Il porte sur l’ambition, la proposition de valeur par rapport à l’écosystème, l’environnement de l’association, son fonctionnement, ses points d’ancrage et ses fragilités.
Ce diagnostic sert à identifier les chantiers de transformation à mener. Il arrive qu’il fasse émerger des enjeux auxquels l’association n’avait pas encore pensé. Le changement d’échelle est une phase complexe, où les problématiques sont souvent interdépendantes. Ce diagnostic nous permet d’élaborer une feuille de route de partenariat concrète.
Sur quels enjeux structurels et leviers d’impact intervenez-vous principalement auprès des associations accompagnées ?
Une fois la feuille de route établie, je définis les modalités d’accompagnement les plus pertinentes : recours à des prestataires externes, mises en relation avec d’autres associations, etc. Le tout, en veillant à ce que les associations conservent le temps nécessaire pour mener leurs actions de terrain. L’objectif n’est pas de faire uniquement de la stratégie, mais de proposer un accompagnement juste, adapté et concret.
Chaque parcours est personnalisé, avec des thématiques majeures et d’autres, mineures, qui sont abordées selon le calendrier de développement de la structure.
Les quatre grandes thématiques majeures sont :
Des thématiques complémentaires, comme la stratégie de communication, le digital ou la structuration juridique, peuvent aussi être traitées.
Mon rôle consiste à bien diagnostiquer les besoins pour mobiliser les bonnes ressources, au bon moment, autour des bonnes problématiques.
Concrètement, comment se traduit cet accompagnement au quotidien, notamment dans ta relation avec les dirigeants associatifs ?
Je développe une relation de proximité avec les dirigeants, et parfois leurs équipes. La co-responsabilité est essentielle : mon rôle est de créer les conditions propices à leur accompagnement et à leur apprentissage.
Des temps d’échange formalisés ont lieu tous les trois mois, en complément des autres moments d’accompagnement. Mais, en réalité, les appels sont quasi-quotidiens : je suis disponible pour répondre à leurs questions, les orienter vers un expert, ou simplement écouter.
Il faut savoir lire entre les lignes, détecter les signaux faibles, car c’est en identifiant les causes profondes d’un problème qu’on peut le résoudre. Cela demande un réel sens de l’écoute et du dialogue. Il est aussi important de savoir mettre en lumière ce qui va bien : l’accompagnement ne doit pas être uniquement critique, mais aussi encourageant.
J’aime bien dire que L’Accélérateur est le fil d’Ariane qui permet de se repérer dans le labyrinthe de complexité qu’est le changement d’échelle.
Si tu devais résumer ta mission type en quelques mots, que dirais-tu ?
Ma mission repose sur trois leviers essentiels :