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Graines d’entrepreneurs

T'inquiète Je gère

T'inquiète Je gère

Jérôme Caltran, producteur, journaliste et animateur sur Demain TV!*, chaîne de l’emploi, de la formation et de l’entreprise, nous livre son point de vue sur le développement des compétences entrepreneuriales auprès des jeunes.


« Développer l’esprit d’entreprendre chez les jeunes, c’est leur donner confiance et l’envie d’être acteur de leur vie »

 La sensibilisation aux compétences entrepreneuriales chez les jeunes est un sujet régulièrement mis à l’honneur sur Demain TV. Notre émission « T’inquiète… je gère », réalisée en partenariat avec kangae.fr, donne la parole aux jeunes entrepreneurs de 15 à 25 ans. La dernière émission** a accueilli Josuë Lumène qui a présenté Mytiboo, une solution de transmission vocale pour les crèches et maternelles, dédiée aux parents et aux auxiliaires de puériculture.

« T’inquiète… je gère » permet aux jeunes de présenter leur parcours et partager leurs expériences. Leurs témoignages montrent qu’il y a un véritable intérêt des jeunes pour l’entrepreneuriat. Les chiffres le confirment si on s’en réfère au récent baromètre du Moovjee** : 45 % des étudiants et lycéens en lycée professionnel indiquent vouloir créer ou reprendre une entreprise. Les atouts dont ils estiment disposer pour la créer sont leur capacité de travail (49 %), l’autonomie (38 %) et l’enthousiasme (37 %).

Cependant, les jeunes Français déplorent un manque d’information autour de la création d’entreprise, car plus de 2/3 d’entre eux n’ont pas connaissance des dispositifs d’aide selon le sondage France Active***.

Naît-on entrepreneur ? Le devient-on ? Est-ce que cela s’apprend ?

Je pense que c’est certainement un peu de tout cela. C’est pourquoi l’éducation a un rôle à jouer. Alors, quelles sont les compétences ou les attitudes nécessaires pour entreprendre ? La confiance en soi, la créativité, la prise d’initiative, l’autonomie et le sens de l’effort sont des compétences que l’on retrouve très fréquemment chez ceux qui entreprennent. Mais ces compétences sont utiles à tous les jeunes, futurs entrepreneurs ou non. Car ces qualités sont requises pour entreprendre au sens large : monter une association, s’engager dans la vie collective… Elles peuvent également servir à ceux qui deviendront salariés.

Comment peuvent se développer ces compétences dans une France qui cherche à devenir une « start-up nation » ? En milieu scolaire, par exemple, l’acquisition des compétences entrepreneuriales peut se dérouler durant une grande partie de la scolarité et l’initiation à l’entrepreneuriat au cours de la scolarité doit encore se développer selon les derniers indicateurs de l’OCDE.

Une journée d’école pourrait, pourquoi pas, démarrer en sondant les enfants sur des situations de leur quotidien : par exemple, le lundi matin il pourrait être demandé aux enfants ce qu’ils ont fait pendant leur weekend. Puis leur montrer que certaines de leurs activités ou de leurs initiatives sont en rapport avec l’entrepreneuriat. Par exemple, si un enfant a proposé à ses copains d’aller au cinéma et a organisé la sortie, il a été acteur de sa vie, il a mis en œuvre la compétence « prise d’initiative ». Il a entrepris.

Les enseignants, eux-mêmes, sont des entrepreneurs au quotidien. Pour un séjour en classe verte ou à l’étranger, ils vont monter des dossiers de subvention. Si les fonds ne sont pas réunis, ils vont devoir trouver d’autres moyens pour compléter le budget, par exemple en organisant des ventes de crêpes avec les élèves. Une fois sur place, ils vont faire de la communication pour informer les parents. Tout cela s’apparente à de l’intrapreneuriat.

Plutôt que de voir deux citadelles dans le monde de l’entreprise et le monde de l’éducation, voyons plutôt les passerelles qui relient ces deux entités, qui sont de plus en plus proches l’une de l’autre.

Les parents peuvent, de leur côté, encourager l’esprit d’entreprendre chez leurs enfants en s’intéressant à leur projet et en leur donnant confiance.

Chaque jeune a aussi un rôle à jouer. Il est en capacité d’apprendre par lui-même. Les stages pratiques, visites d’entreprise et d’observation en situation de travail peuvent, potentiellement, représenter des environnements très propices. Cependant cet apprentissage par l’exemple ne sera facilité que si les entreprises s’ouvrent davantage aux jeunes générations.

Le discours des entrepreneurs eux-mêmes, et celui des fédérations professionnelles, pourrait, sans nier les difficultés rencontrées, être plus positif, mettant en avant les parcours, les réussites, les compétences requises et les façons de les développer.

Aujourd’hui, les outils et les acteurs pour développer les compétences entrepreneuriales des jeunes existent déjà. Pour n’en citer que quelques-uns : EPA, 100 000 entrepreneurs, Les Entrep’, Start-Up Toi–Même, Enactus, Kangae, R2E, AJE, Synlab Asso, ESSEC pour le projet « Trouve ta voie », Fondation CGénial…

A travers ce développement des compétences des jeunes pour entreprendre, l’objectif est de leur donner confiance et l’envie d’être acteur de leur vie.

Et pourquoi ne pas imaginer des événements fédérateurs où toutes les générations pourraient se mobiliser de manière collective autour de l’entrepreneuriat ? A quand une fête de l’entrepreneuriat sur le modèle de la fête de la musique ? On pourrait la concevoir et la tester en premier lieu à l’échelle d’un arrondissement, d’un quartier ou d’une localité, puis l’étendre à toute la France.

L’objectif de cette « fête des initiatives » serait que les jeunes se retrouvent en bas de chez eux pour présenter leurs initiatives et échanger avec les autres générations. Ils pourraient montrer leurs projets à des professionnels et bénéficier de leurs expériences, le tout dans une ambiance conviviale.

Pour conclure, je pense que développer les compétences entrepreneuriales des jeunes est indispensable. Mais entreprendre n’est pas une finalité. Et celui qui envisage aujourd’hui ou demain de devenir entrepreneur ne pourra le faire qu’en prenant en compte les notions de RSE, de développement durable, de lutte contre les inégalités et d’ouverture vers les autres, vers le monde.

 

* Demain TV : chaîne de l’emploi, de la formation et des initiatives, est accessible gratuitement sur la TNT en Île-de-France (canal 31), Orange (canal 219), Bouygues (canal 302), Free (canal 236) SFR (canal 457) et www.demain.fr
www.facebook.com/demaintv et @demain.tv
** Toutes les émissions sont en replay sur kangae.fr et demain.fr
*** Baromètre Moovjee/ CIC /Opinion Way – Les étudiants et l’entrepreneuriat. Etude réalisée par l’institut OpinionWay pour MOOVJEE et CIC auprès d’un échantillon de 1003 étudiants et lycéens en lycée professionnel.
**** Observatoire des entrepreneurs engagés France Active /OpinionWay. Etude réalisée auprès d’un échantillon de 1009 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
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