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La résilience entrepreneuriale

La résilience entrepreneuriale

Le 27 février 2020

Olivier Nishimata, entrepreneur, rédacteur en chef de Dynamique Entrepreneuriale, magazine des dirigeants et créateurs d’entreprise, et co-auteur de Etre entrepreneur aujourd’hui*, nous livre son point de vue sur l’importance pour les entrepreneurs de cultiver leur capacité de résilience.

Qu’est-ce que la résilience chez un entrepreneur ?

A l’origine, la résilience est un terme physique qui désigne « la capacité d’un matériau à résister aux chocs ». Son champ sémantique s’est étendu au domaine psychologique. Le concept de résilience ou « art de naviguer entre les torrents », a été introduit en France par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik. La résilience représente la capacité et les aptitudes d’un individu à surmonter les situations génératrices de stress et à vaincre des situations traumatiques.

En tant qu’entrepreneur, je pense que la résilience est un atout majeur pour les chefs d’entreprise. Le lot d’un entrepreneur est, en effet, de subir des épreuves au quotidien avant de rencontrer la stabilité et le succès. Il est primordial de se relever après un coup dur.

Lorsque l’on crée sa société, on met une grande partie de soi dans le projet, celui-ci résultant d’une idée, d’une envie. Tous les efforts investis seront récompensés ou non par le développement de l’entreprise. La résilience est donc indispensable pour un entrepreneur.

Etre entrepreneur… 7 fois à terre, 8 fois debout

L’entrepreneur est jugé à travers la réussite ou non de son entreprise. C’est le dirigeant qui est en première ligne, qui insuffle des directions et donne du sens au projet. Il croit en son projet et y met toute son énergie et un peu de lui. Au final, sa confiance en lui peut être affectée en cas de faillite ou de difficultés. L’entrepreneur doit donc être résilient, que ce soit parce qu’il a dû changer de business modèle et maintenir la barque, ou après un moment difficile traversé par l’entreprise.

Parmi les multiples décisions prises quotidiennement, certaines peuvent s’avérer pertinentes, d’autres moins. Il est nécessaire d’être disposé à apprendre de toutes ces expériences, même de l’échec, pour ne pas les reproduire et savoir en tirer profit.

Selon les données de l’INSEE, en France, la pérennité des structures créées demeure un défi important car 25 % des entreprises échouent dans les 2 premières années et la moitié dans les 5 premières. Face aux épreuves que l’on peut traverser au cours de  sa vie professionnelle, cette capacité à toujours rebondir permet de repartir de l’avant. Un burn out peut arriver à tous les entrepreneurs et leur capacité de résilience doit être assez forte pour reprendre vite le contrôle. Certains, une fois au plus bas, vont se reprendre en main et remonter la pente. Ils abordent les situations difficiles comme une étape à traverser et non comme une fin en soi. C’est une qualité que le chef d’entreprise doit avoir selon moi, car les obstacles sont nombreux sur le chemin de l’entrepreneuriat.

 Des conseils pour favoriser la résilience 

Entretenir sa résilience, c’est se fixer des objectifs à court, moyen et long terme. Il ne faut pas rester focalisé sur ses échecs ou ses difficultés, mais savoir les transformer en apprentissage. Le plus délétère, c’est lorsque l’on n’arrive plus à se fixer des objectifs, même minimes.

La résilience, commence par réaliser une « petite chose », même si elle nous paraît insignifiante. Un geste simple, comme faire son lit le matin, est également une manière de commencer la journée de façon organisée et productive.

L’idée est se fixer des challenges réalisables pour avoir envie d’aller plus fort et plus loin. Lorsqu’une tâche nous apparaît insurmontable, il faut essayer de la découper en plusieurs étapes. Les grandes tâches ne sont qu’une succession de petites tâches qui paraîtront plus simples à réaliser à travers ce prisme.

Ensuite, nous pouvons nous demander plutôt quelle est l’importance de cette difficulté professionnelle par rapport à l’ensemble de la vie en général. Dans la plupart des cas, cela n’est pas la fin du monde. Les difficultés sont toujours temporaires et cette façon de faire permet de relativiser.

Un dernier conseil est d’aborder la journée avec une pensée positive.

Moi-même, je suis passé à travers plusieurs épreuves durant ma carrière. En me refixant des « mini objectifs », j’ai réussi à faire redémarrer la machine et à me remettre en selle.

*paru aux éditions Eyrolles : https://www.eyrolles.com/Entreprise/Livre/etre-entrepreneur-aujourd-hui-9782212562699/