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GRAND ANGLE

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Le 30 mars 2026

Entrepreneure engagée, dirigeante d’entreprises et administratrice indépendante de sociétés, Maëlle Gavet partage ses convictions entrepreneuriales et sa vision de la philanthropie.

Maëlle Gavet : J’ai lancé ma première entreprise à 16 ans, et je n’ai jamais vraiment arrêté depuis. Tout au long de mon parcours — en France, en Inde, en Europe, en Russie et aux États-Unis — j’ai vu à quel point une entreprise peut apporter des solutions concrètes, durables et financièrement viables à des besoins essentiels. Quand on conçoit un produit utile, qu’on le met à l’échelle et qu’on l’exécute avec exigence, on peut améliorer l’accès à des services qui comptent : santé, éducation, culture, emploi. Pour moi, l’entrepreneuriat est une mécanique puissante de transformation sociale, précisément parce qu’il relie impact et exécution.

Maëlle Gavet : L’entrepreneuriat m’a appris qu’on ne crée pas d’impact durable sans d’abord construire quelque chose de solide: un modèle viable, une organisation robuste, une exécution rigoureuse. Je suis convaincue que la philanthropie fonctionne de la même façon : elle est particulièrement puissante quand on l’envisage à la racine des problèmes, pas uniquement en agissant sur leurs conséquences. L’aide d’urgence est indispensable car elle répond à des situations immédiates. Mais si l’on veut changer durablement les trajectoires, il faut aussi renforcer les associations qui agissent en profondeur sur le terrain, et penser la philanthropie durablement.

C’est ce qui m’a attirée dans l’approche de la Fondation Entreprendre : au-delà du financement, elle apporte des compétences, des méthodes et un accompagnement opérationnel qui rendent les associations plus robustes et plus efficaces. C’est Catherine Barba (membre du comité de campagne de la Fondation) qui me l’a présentée, et j’ai été frappée par le sérieux du dispositif : on aide les structures à se renforcer, à mieux s’organiser, à mesurer leur impact et à gagner en autonomie.

Maëlle Gavet : Parce que les obstacles restent très réels. Il y a des biais culturels et structurels : les échanges avec les investisseurs, l’accès aux réseaux, les standards d’évaluation ne sont pas toujours symétriques. Et il y a aussi un enjeu d »autorisation » : beaucoup de femmes se fixent des ambitions plus prudentes, parfois par réalisme, souvent parce qu’on leur a appris à limiter le risque. Ce que j’essaie de faire, c’est de contribuer très concrètement : ouvrir mon réseau, aider à clarifier une vision, poser des questions de modèle économique, et encourager à viser une échelle qui corresponde à l’ambition. Il faut oser rêver grand mais aussi se donner les moyens d’exécuter grand.

Maëlle Gavet : Une philanthropie qui respecte le secteur associatif comme un secteur à part entière, avec ses contraintes, ses métiers, ses besoins de structuration. Les acteurs de terrain doivent être outillés pour agir dans la durée : gouvernance, finance, recrutement, pilotage, mesure d’impact. C’est un facteur déterminant pour obtenir un impact pérenne. Je crois aussi beaucoup au give back. Donner du temps, des compétences, des opportunités et du réseau peut transformer des vies, en particulier pour celles et ceux qui n’ont pas naturellement accès à ces ressources. Cette culture est très répandue aux États-Unis ; elle mérite d’être davantage diffusée en France.

À propos de Maëlle Gavet
Diplômée de la Sorbonne, de l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud et de Sciences Po Paris, Maëlle Gavet a fondé en 2001 sa première société en Russie avant de rejoindre le Boston Consulting Group. Elle a ensuite exercé des fonctions de direction dans la tech et les services à l’international, notamment chez Ozon.ru, Priceline Group et Compass, avant de diriger Techstars. Aujourd’hui, elle siège en tant qu’administratrice indépendante dans plusieurs sociétés cotées comme Edenred, Technip Energies, et non cotées. Elle développe également de nouveaux projets entrepreneuriaux.