Portrait Roger Couffin Adrien Stratégie

Pour l’homme passionné et engagé qu’est Roger Couffin, la défense de l’entrepreneuriat et du statut d’entrepreneur n’est pas un vain mot. Angevin aux commandes d’ADRIEN Stratégie, société de conseil créée en 1981, et après 700 missions stratégiques menées principalement auprès des PME et ETI, Roger Couffin voue un véritable amour aux entrepreneurs pour leur créativité, leur audace, mais aussi pour le potentiel de développement et de richesse qu’ils portent. Cet ambassadeur enthousiaste de la cause entrepreneuriale et de la Fondation Entreprendre nous livre son point de vue sur la Fondation et l’entrepreneuriat en France.

D’où vous vient cette passion pour la cause entrepreneuriale et pour tous ceux qui créent et développent leur entreprise ?

Lorsqu’en 1981 j’ai créé ADRIEN, nous étions sur un tout nouveau marché, celui de l’étude de marché des PME-PMI. Au bout de 7 ans, une nouvelle offre s’est imposée à nous : devant la complexité des organisations et de l’environnement économique, les entrepreneurs nous exprimaient un besoin d’aide pour la pérennité de leurs entreprises. Car pour nous, la finalité de la stratégie, ce n’est pas la croissance mais la pérennité des entreprises.
Au fil des missions, j’ai pu relever plusieurs grandes constantes. L’une d’elles est de dissocier l’entrepreneur du dirigeant. Tout est une question de posture. Ce n’est pas la relation au capital qui les différencie, c’est la posture globale adoptée pour appréhender le marché, l’environnement et l’entreprise. Le dirigeant a une vision à court terme. Il focalise son attention sur le reporting et évacue toute émotion. Pour lui, le capital humain est souvent une variable d’ajustement, surtout s’il est financier. L’entrepreneur, lui, se place sur le registre de l’intuitif et du devenir. Pour lui, tout est à faire et à concevoir. C’est formidable cette capacité à oser, à inventer, à se lancer sur de nouveaux marchés, cela quel que soit le secteur d’activité !

Pourquoi soutenir la cause entrepreneuriale ?

Aujourd’hui encore, le statut d’entrepreneur est mal reconnu en France. Et pourtant notre pays est une terre entreprenante et entrepreneuriale ! Nous avons d’ailleurs besoin de ces « fous d’entreprise » qui innovent en créant de nouveaux marchés et de nouvelles richesses pour notre pays. Malheureusement, l’entrepreneur, surtout quand il réussit, souffre d’une image négative. Dès lors qu’une entreprise se développe et s’enrichit, l’entrepreneur devient suspect ! Au fond, notre pays souffre d’un grave problème lié, non pas à l’égalité, mais à l’équité. Avant de parler de redistribution des richesses, il faut d’abord les créer. C’est une banalité. Et pourtant ! Les entreprises, à commencer par les PME et ETI, ont ce rôle à jouer. Ce sont elles qui peuvent créer ces richesses et faire repartir l’économie de notre pays. Cela dit, la croissance ne se décrète pas ! Or, aujourd’hui, les conditions de la croissance ne sont pas réunies. Ces conditions, c’est au gouvernement de les créer, à commencer sur le plan de la fiscalité.

Que peut apporter, selon vous, la Fondation Entreprendre à l’entrepreneuriat en France ?

Nous avons tout à gagner aujourd’hui à fédérer nos énergies et nos actions pour soutenir l’entrepreneuriat et le statut d’entrepreneur. C’est tout l’intérêt de l’action de la Fondation Entreprendre. Il nous faut penser et agir collectif ! De ce point de vue, les entrepreneurs ont un devoir d’encourager l’entrepreneuriat en France. De nombreuses initiatives peuvent être soutenues. Faire rentrer l’entrepreneur dans les établissements scolaires et créer des passerelles entre l’école et l’entreprise sont un bon exemple d’action concrète à encourager. J’invite les entrepreneurs à soutenir sans réserve la Fondation Entreprendre pour promouvoir l’esprit d’entreprise et le statut d’entrepreneur !

Quel message souhaitez-vous transmettre aux entrepreneurs et à tous ceux qui ont à coeur de soutenir l’entrepreneuriat en France ?

C’est avant tout un message d’espoir. Malgré le contexte actuel difficile, je suis convaincu que dans 20 ans, la France aura retrouvé un vrai attrait économique sur le plan international. Si aujourd’hui, les pays gagnants sont ceux, à l’instar de l’Allemagne, ayant misé sur les marchés d’équipement, les marchés de consommation, notamment des pays émergents, une fois équipés, se tourneront vers des pays tels que le nôtre, porteurs d’une image et de marques prestigieuses, sur lesquels émergent déjà des PME-ETI. Les entreprises qui auront su se placer à l’international auront alors tout à gagner. Nous avons la chance d’avoir en France un réservoir de compétences et une capacité d’innovation hors du commun. Encore une fois, c’est une terre fertile aux PME-PMI !

Retrouvez l’hommage aux entrepreneurs dans le cadre des 30 ans d’ADRIEN Stratégie : http://www.apsides.fr/Adrien30/Adrien_Strategie.html