Didier Roche, Président de l'UPTIH

Didier Roche a cofondé en 2004 le groupe Ethik Investment, notamment connu pour ses restaurants et spas « Dans Le Noir ? », et ses boutiques sensorielles, dont il est aujourd’hui le directeur général. Cet entrepreneur non-voyant, spécialiste des questions du handicap, est également un responsable associatif très actif : président et cofondateur de l’UPTIH (Union professionnelle des travailleurs indépendants handicapés), il est à l’initiative du partenariat désormais triennal entre l’association et la Fondation Entreprendre.

Premier et seul réseau d’entrepreneurs en situation de handicap en France, quels objectifs l’ UPTIH se fixe-t-elle ?

Nous avions deux raisons de créer l’Uptih en 2008 : tout d’abord, il fallait permettre aux personnes avec handicap de ne plus être isolées dans leur démarche entrepreneuriale. Notre seconde ambition était de peser pour que nos particularités soient prises en compte.

Aujourd’hui, l’UPTIH est à la fois un réseau business et un service de conseil. Du début d’activité à l’accompagnement du développement, chaque moment est une occasion pour les entrepreneurs handicapés d’échanger, de se former, de s’informer. Sa représentativité au niveau national est reconnue : l’UPTIH est sollicitée pour prendre part aux réunions entre le législateur, les assureurs, l’Agefiph…, et devient proactive.

A bientôt 10 ans d’existence, quelles sont les étapes à venir pour l’UPTIH ?

Aujourd’hui, beaucoup d’objectifs ont été atteints : notre programme accompagne 50 personnes par an ; notre réseau de partenaires compte de grandes entreprises, des associations, et des fondations indépendantes comme la Fondation Entreprendre. Grâce à notre action, les Travailleurs Indépendants Handicapés (TIH) sont désormais pris en compte dans la loi Macron pour satisfaire à l’obligation d’emploi de personnes handicapées.

Mais il reste beaucoup de chemin à parcourir ! Nous avons des projets de création de couveuse, de bourses, de micro-prêts. Mais surtout, nous souhaitons jouer sur la complémentarité, plutôt que prendre de l’énergie à concurrencer ce qui marche : à chasser en meute, on est plus forts ! Cela suppose de travailler en commun avec les acteurs existants localement, car il y a une vraie demande de proximité pour l’accompagnement des entrepreneurs. Or nous sommes restés très parisiens : être le plus proche possible du terrain s’impose désormais à nous.

En quoi la Fondation Entreprendre vous a-t-elle semblé pouvoir vous soutenir dans cette démarche vers les territoires ?

Pour les trois prochaines années, la Fondation Entreprendre aidera notre essaimage dans une quinzaine de villes, à commencer par Rennes. La première année de soutien nous a permis d’apprendre à nous connaître, et de faire émerger une volonté de nous accompagner dans le temps : c’est une approche qui prend toute sa valeur dans le monde associatif, différent du monde de l’entreprise. Mais ce qui nous rapproche le plus de la Fondation Entreprendre, c’est qu’elle est la « Fondation de l’Entrepreneur », au sens où toutes les particularités sont à prendre en compte pour entreprendre aujourd’hui.