Bernard Bazillon Président Enactus France

Bernard Bazillon est le président de Enactus* France, une association d’intérêt général qui a pour mission de développer l’esprit entrepreneurial des jeunes et leur sens de l’engagement pour le bien commun. Pour cela, l’association accompagne chaque année, plus de 1200 étudiants dans la réalisation d’une centaine de projets d’entrepreneuriat social avec le soutien du monde académique et du monde de l’entreprise. Également Directeur associé en charge de l’Économie Sociale et Solidaire de KPMG, cabinet d’audit et d’expertise-conseil aux entreprises et trésorier de la Fondation KPMG, il expose les liens qui unissent désormais Enactus et la Fondation Entreprendre.

* EN pour entrepreneurial, ACT pour action et US pour tous les acteurs engagés dans les projets. Créée en 1975 aux États-Unis, l’ONG Enactus s’est développée pour devenir l’une des plus grandes organisations réunissant des entreprises, des universités et des grandes écoles dans le monde. Enactus regroupe aujourd’hui dans le monde plus de 65000 étudiants issus de 1650 établissements de l’enseignement supérieur dans 37 pays, dont la France depuis 2012.

Qu’est-ce qui a motivé l’implication de KPMG dans Enactus ?

Enactus, qui intervient dans l’enseignement supérieur, sur la thématique de la sensibilisation à l’entrepreneuriat social, s’inscrit très bien dans la continuité des actions de la fondation KPMG France. J’assure la présidence de l’association depuis 2 ½ ans. Mon rôle est de faire en sorte que toutes les acteurs – les entreprises mécènes, les conseillers pédagogiques, les personnes qualifiées – y trouvent leur compte, tandis qu’Aymeric Marmorat, Directeur exécutif d’Enactus France, agit en aval pour faire émerger les projets et diffuser l’esprit d’Enactus : il est la stratégie en action !

La fondation d’entreprise KPMG France favorise en effet les actions d’éducation et de formation en direction de jeunes lycéens ou étudiants en difficulté, avec pour ambition de renforcer les actions d’éducation, de formation et d’entrepreneuriat des jeunes issus des quartiers sensibles avec le concours des collaborateurs de KPMG France.

Aujourd’hui, la fondation KPMG porte environ 300 programmes et projets par an, parmi lesquels le Programme Lycée, qui intervient dans les classes de Bac pro et BTS compta. L’idée est de montrer à ces jeunes, qui souvent sont dans ces filières par défaut, que la comptabilité, loin d’être rébarbative, peut être une clé d’entrée dans la vie professionnelle pour faire autre chose, notamment créer son entreprise. Pour Enactus, l’entrepreneuriat social est un formidable outil pour développer chez les jeunes l’esprit d’entreprendre et le sens de l’engagement à travers la pédagogie du projet.

Quels sont la vision et les objectifs d’Enactus en matière d’entrepreneuriat social ?

Nous avons vite repéré que créer une entreprise sans intégrer dans le business plan, la dimension humaine et l’impact social, n’intéresse plus les jeunes. Ils ont déjà compris que notre modèle de société basé sur la redistribution a trouvé ses limites et que la valeur doit être partagée dans les entreprises. Le bien commun préoccupe davantage les jeunes générations que « la croissance pour la croissance » : dans leur vision du monde, la croissance ne doit plus détruire mais être inclusive et prendre en compte le développement durable. On est à un point d’inflexion dans le développement de nos sociétés occidentales : plus que jamais, les jeunes veulent changer le monde en donnant du sens à leur action. Or, selon la définition du Mouves, l’entrepreneuriat social est une manière d’entreprendre qui place l’efficacité économique au service de l’intérêt général. Quel que soit le statut juridique des entreprises (association, coopérative, structures capitalistiques…), leurs dirigeants font du profit un moyen, non une fin en soi.

Impliquant et responsabilisant, son programme, qui allie accompagnement et expérimentation, permet à des jeunes de réaliser, en équipe, leurs propres projets d’entrepreneuriat social et solidaire. Trois principes l’animent :

  • Apprendre en faisant : c’est en passant à l’action, en allant sur le terrain, en rencontrant les parties prenantes, en testant, échouant, recommençant, évaluant que les étudiants développent leurs projets et par la même occasion leur savoir-faire et leur savoir-être.
  • Entreprendre en équipe : les étudiants sont organisés en équipes. Ils apprennent ainsi à travailler ensemble, à s’écouter, à s’organiser et à prendre des décisions collectives.
  • L’économie au service de l’homme : tous les projets développés au sein d’Enactus portent cette vision qu’il est possible de concilier performance économique et impact social.

Ce programme a montré qu’il était réellement stimulant pour les jeunes, et maintenant nous souhaitons changer d’échelle : dans les autres pays où intervient l’initiative d’Enactus, les projets sont déjà incubés ou au stade de la réalisation lors qu’ils participent aux compétitions locales et à la World Cup., et partant de ce constat, nous voulons aller plus loin dans le suivi de l’impact économique, social, et la création de valeur. A cet effet, nous devons systématiquement suivre les projets tout en accompagnant les étudiants au plus près, tant au niveau global que local. C’est pourquoi nous avons sollicité la Fondation Entreprendre, afin de démultiplier la présence régionale d’Enactus en créant 3 nouvelles antennes régionales d’ici à 3 ans.

En quoi est-ce important pour Enactus que la Fondation Entreprendre soutienne ces ambitions ?

En nous accordant à partir de 2016 son soutien pluriannuel, la Fondation Entreprendre devient un partenaire d’excellence, qui nous fait bénéficier de sa vocation pour le développement de l’esprit d’entreprendre des jeunes ; de son expertise dans l’essaimage de structure d’accompagnement ; et son rayonnement tant national que régional sur la sensibilisation et l’accompagnement à l’entrepreneuriat.

L’année dernière, la Fondation Entreprendre nous avait soutenu à travers un Coup de Cœur pour la création et le déploiement d’un nouveau concept pédagogique : les visites Déclics (visite d’entreprise sociale). Avec le Festival de l’Esprit d’Entreprendre, nous nous associons à nouveau dans une logique de déclic ! Nous sommes heureux d’être impliqués dans cet événement à forte valeur ajoutée, qui sur deux jours, va nous permettre d’engager, de connecter et de faire grandir la communauté Enactus.

En rassemblant étudiants et professionnels du monde de l’entreprise et du monde académique, la Fondation Entreprendre, avec les autres associations qui participent au Festival Déclic, donne de la visibilité, donc de l’impact, aux complémentarités qui existent entre tous les intervenants de la chaîne entrepreneuriale.

Bernard Bazillon a commencé son activité à KPMG à Paris en 1991. Il s’est tout de suite spécialisé dans le secteur non marchand et est devenu associé en 2004. Pendant 7 ans, Bernard Bazillon a co-animé l’équipe dédiée à l’économie sociale et solidaire-santé-secteur public local de la région Paris et Centre, tout en assumant la coordination nationale du réseau des mutuelles du Code de la mutualité. Depuis juillet 2007, il assure la fonction de trésorier de la Fondation d’entreprise KPMG France, dont l’objet est de favoriser l’insertion et la réinsertion professionnelle ou sociale de jeunes personnes rencontrant des difficultés par la promotion et le soutien d’actions d’éducation et de formation. Bernard Bazillon est également trésorier de l’IDAF (Institut des Dirigeants d’Associations et Fondations).